Prélèvements microbiologiques en locaux à usage médical
Objet
L'essai a pour but d'évaluer et de maîtriser la biocontamination dans le cadre de l'application des technologies des salles propres, en prélevant des particules viables (surfaces et air) à l'aide de dispositifs appropriés, selon un plan d'échantillonnage défini.
Statut de l'essai en Suisse
- assistance dans le cadre de l'éclaircissement d'un outbreak dont on suspecte une source dans l'environnement non occupé par le patient ;
- dans le cadre de projets de recherche ;
- monitoring d'une pollution environnementale potentiellement dangereuse (bioterrorisme, dégagement d'aérosols biologiques par des appareils médicaux, « Sick Building ») ;
- mesures d'accompagnement d'activités de construction (contamination de l'air par les aspergilles).
Contexte réglementaire — hiérarchie des exigences
- Normatif Directive SICC VA105-01 (2015-08) — § 3.5.7 : statut de l'essai (voir ci-dessus).
- Normatif SN EN ISO 14698-1 et -2 — salles propres et environnements maîtrisés apparentés : maîtrise de la biocontamination (méthode).
- Informatif NF S 90-351 (avril 2013) — classes microbiologiques M1 / M10 / M100 et plan d'échantillonnage (pratique française, utilisable comme référentiel d'interprétation si le cahier des charges le demande).
Dispositifs de prélèvement
Dispositifs de prélèvement
Dispositif de prélèvement par contact
Il est possible d'employer des boîtes contact ou tout autre dispositif permettant à un milieu nutritif, contenu dans un récipient souple ou rigide, d'entrer en contact avec la surface à échantillonner. La surface de contact accessible doit être W = 20 cm².
Appliquer le milieu de culture sur la surface pendant quelques secondes, en exerçant une pression uniforme et constante sur toute la superficie, sans mouvement circulaire ni linéaire. Le dispositif est ensuite remis dans son conteneur ; la surface échantillonnée est nettoyée afin d'éliminer tout résidu nutritif.
Échantillonneur par impaction
Le dispositif choisi doit présenter les caractéristiques suivantes :
- a) Une vitesse d'impact de l'air sur le milieu de culture représentant un compromis entre :
- une vitesse suffisamment élevée pour permettre le piégeage des particules viables > 1 µm,
- et une vitesse suffisamment faible pour garantir la viabilité des particules, sans altération mécanique ni rupture des agrégats de bactéries ou de micromycètes.
- b) Un volume de prélèvement représentant un compromis entre détection de niveaux faibles de biocontamination et préservation du milieu (pas de dégradation physique ou chimique). En zone de biocontamination élevée, adapter méthode et volume pour obtenir des colonies séparées exploitables.
- Un débit suffisant pour prélever 1 m³ dans un laps de temps raisonnable, sans dessèchement important du milieu de prélèvement.
- Une vitesse appropriée d'impact de l'air sur le milieu de culture.
Moment du prélèvement et matériel
Moment du prélèvement
En routine, les prélèvements sont généralement réalisés hors activité. Un échantillonnage hors présence humaine, avant toute activité et après bionettoyage, permet d'établir une situation de base et d'évaluer les performances de l'installation.
- Bio-nettoyage effectué.
- Salle inoccupée depuis au moins 3 fois le temps de rétablissement (lorsqu'il est connu — cf. MO-02A) ou au moins 1 heure.
- Portes fermées.
- Préleveur présent ou sorti (départ différé ou déclenchement à distance).
- Pharmacie, stérilisation, thérapie cellulaire.
- Conditions normales (optimales) d'utilisation et d'occupation des locaux.
- Tenir compte de l'activité pour l'interprétation des résultats.
Matériel
- Bio-collecteur (avec certificat d’étalonnage de moins d’un an, copie jointe au rapport — SICC § 5.4) et tête(s) d'échantillonnage stérilisée(s) ou préalablement nettoyée(s)-désinfectée(s).
- Milieux gélosés :
- Bactéries : gélose TSA, R2A, PCA ou autre milieu selon référentiel.
- Champignons filamenteux : gélose au Malt, Sabouraud ou autre milieu selon référentiel.
Réalisation du prélèvement par impaction
Respecter les règles d'hygiène et de sécurité afférentes au lieu et au prélèvement lui-même (procédure d'accès, habillage, hygiène des mains, désinfection du matériel…).
Préparation préalable
- Réaliser une désinfection des mains par friction hydro-alcoolique (FHA).
- Déposer les géloses dans un bac fermé, préalablement nettoyé-désinfecté avec un détergent désinfectant de surfaces.
Sur le lieu de prélèvement
- Réaliser une FHA.
- Revêtir une tenue conforme au protocole d'habillage de la zone (tunique-pantalon, masque chirurgical, charlotte, sabots…).
- Vérifier que l'installation à contrôler est fonctionnelle via le différentiel de pression (manomètre, affichage électronique…) ou, à défaut, par le test de la feuille : aspiration d'une feuille de papier par les bouches de reprise, feuille repoussée par les bouches de soufflage et sous les portes.
- Reporter sur la fiche de prélèvement, puis réaliser une FHA.
Réalisation du prélèvement
C'est la méthode la plus couramment utilisée. Le prélèvement s'effectue à hauteur de l'activité, tête vers le haut.




- Réaliser une FHA des mains.
- Nettoyer-désinfecter le bio-collecteur et le positionner sur une surface plane (chariot, table) ou sur le trépied fourni.
- Placer la gélose ouverte dans son logement sur le bio-collecteur ; poser le couvercle (face externe sur la surface).
- Visser la tête d'échantillonnage stérile (ou préalablement nettoyée-désinfectée).
- Régler le volume d'air à prélever et déclencher le prélèvement :
- Classes M1 et M10 (bactéries et fongiques) : généralement 1 000 L.
- Zones M100 : 200 ou 500 L.
- Pour les recherches fongiques, il peut être souhaitable de prévoir des volumes plus faibles.
- Sortir de la salle si déclenchement différé, ou rester immobile entre le point de prélèvement et la bouche de reprise.
- À la fin du prélèvement, retirer la boîte, la refermer, l'identifier et la déposer couvercle vers le bas dans le contenant de transport.
Plans d'échantillonnage et identification
Pour les contrôles de routine
- À titre de support Informatif, le plan d'échantillonnage de la NF S 90-351 (2013) peut être utilisé : 3 points en diagonale dans la zone proche du patient ou de l'activité, incluant la zone la plus critique pour l'activité à protéger.
- Plan à adapter en fonction de l'analyse de risque.
- Les volumes d'échantillonnage cités précédemment doivent être respectés.
Pour les qualifications et requalifications
- Utiliser un bio-collecteur conforme à la SN EN ISO 14698.
- Respecter la méthode décrite dans la SN EN ISO 14698.
- Utiliser en support le plan d'échantillonnage de la NF S 90-351 (2013) Informatif, à adapter en fonction de l'analyse de risque et des exigences de l'hygiène hospitalière de l'établissement.
- Pendant les travaux : dans les zones adjacentes au chantier (voire des zones à risque définies lors de l'étude d'impact).
- À la fin des travaux : au niveau du chantier si une contamination fongique résiduelle représente un risque pour les patients.
Identification du prélèvement
- Écrire seulement le numéro d'échantillon en tout petit, sur un bord ou sur le fond de la boîte, jamais sur le couvercle.
- Compléter la fiche de prélèvement.
Transport des échantillons et interprétation
Conditions de transport et délai d'acheminement
Les conditions de transport des échantillons doivent assurer la survie des micro-organismes collectés.
- Assembler les boîtes avec du ruban adhésif ou du parafilm pour qu'elles ne s'ouvrent pas pendant le transport, ou utiliser des boîtes spécifiques.
- Positionner les couvercles vers le bas (condensation sur le couvercle).
- Ne pas réfrigérer.
- Délai d'acheminement : 24 heures maximum à température ambiante, ou se référer aux conditions du laboratoire.
- Conditionnement évitant tout risque de contamination externe.
Interprétation des résultats
| Classe de risque | 4 | 3 | 2 | 1 * |
|---|---|---|---|---|
| Niveau de risque | Très haut | Haut | Modéré | Faible / négligeable |
| Classe microbiologique ** | M1 | M10 | M100 | — |
| Nombre max. d'UFC / m³ | 1 | 10 | 100 | — |
- * La zone 1 correspond à des locaux non spécifiques et n'a pas d'objectif de classe bactériologique.
- ** Le « M » de classe « bactériologique » prend en compte les bactéries et les champignons.
- En Suisse, les seuils d'interprétation sont convenus avec l'hygiène hospitalière de l'établissement (SICC § 3.5.7) ; les classes M ci-dessus servent de référentiel usuel lorsque le cahier des charges y renvoie.